Comment éloigner les enfants des écrans ?
5 alternatives simples
Télévision, tablette, téléphone, console… Les écrans se sont installés dans presque tous les moments du quotidien des enfants : au réveil, après l’école, pendant les repas, dans les transports et parfois même avant de dormir.
Cette réalité concerne aujourd’hui la grande majorité des familles. En France, les enfants de 3 à 5 ans passent en moyenne 1 h 22 par jour devant un écran. Ce temps atteint 1 h 53 chez les 6-8 ans et 2 h 33 chez les 9-11 ans. Les jours sans école, l’exposition augmente encore et peut approcher, voire dépasser, trois heures quotidiennes chez les plus grands.
Face à cette place grandissante, de nombreux parents cherchent comment éloigner leurs enfants des écrans sans transformer chaque journée en rapport de force.
Mais retirer une tablette ou éteindre la télévision ne suffit pas. Encore faut-il proposer des alternatives accessibles et suffisamment attrayantes : activités sportives, jeux, lecture, activités manuelles ou encore boîte à histoires.
L’objectif n’est pas simplement d’occuper l’enfant autrement. Il s’agit de lui redonner l’occasion de bouger, de jouer, de s’ennuyer, d’écouter, d’apprendre et d’imaginer.
Voici cinq pistes concrètes pour réduire progressivement le temps d’écran des enfants et retrouver un quotidien plus équilibré.
1. Réduire le temps d’écran progressivement
Lorsque les écrans sont devenus une habitude quotidienne, les supprimer brutalement peut provoquer de la frustration et des conflits.
L’objectif n’est pas de culpabiliser les parents, mais de les aider à reprendre progressivement la main sur des usages qui se sont parfois installés presque automatiquement dans le quotidien familial.
Le Prophète ﷺ nous a enseigné que les œuvres les plus aimées d’Allah sont celles qui sont accomplies avec régularité, même si elles sont peu nombreuses. Cette parole peut aussi nous inspirer dans les habitudes éducatives que nous cherchons à mettre en place : de petits changements durables sont souvent plus bénéfiques que de grandes résolutions abandonnées après quelques jours. Ce hadith est rapporté authentiquement d’après ‘Aïcha, notamment dans Sahih al-Boukhari et Sahih Mouslim.
Il est ainsi possible de commencer par quelques règles simples :
supprimer les écrans pendant les repas ;
retarder le premier dessin animé de la journée ;
définir une durée avant de commencer ;
prévenir l’enfant quelques minutes avant l’arrêt ;
instaurer régulièrement une soirée ou une demi-journée sans écran.
L’essentiel est de choisir des règles réalistes et de s’y tenir dans la durée. L’enfant comprend progressivement que les écrans ne sont pas disponibles à tout moment et qu’ils ne constituent qu’une activité parmi d’autres.
2. Bouger et partager des activités en famille
Réduire le temps d’écran permet également de lutter contre la sédentarité.
Il n’est pas nécessaire d’organiser chaque jour une activité sportive complexe. Une promenade, une sortie à vélo, une partie de ballon, une marche en forêt ou quelques jeux au parc permettent déjà à l’enfant de bouger et de se dépenser.
Ces moments sont aussi l’occasion de partager du temps en famille. Une promenade permet de discuter. Une partie de ballon favorise les échanges. Une sortie à vélo peut devenir un rendez-vous attendu par les enfants comme par les parents.
Plutôt que de dire uniquement :
« Éteins la tablette », il peut être plus efficace de proposer :
« Viens, nous allons marcher, jouer ou sortir ensemble. »
Le mouvement devient alors une alternative positive aux écrans, et non la conséquence d’une interdiction.
Les activités physiques ne doivent pas forcément être longues ou coûteuses. Organiser un petit parcours sur un trajet habituel est déjà une bonne manière de rompre avec le temps passé assis devant un écran.
3. Jouer avec son enfant pour favoriser son autonomie
Certains enfants semblent ne plus savoir quoi faire lorsque l’écran s’éteint. Ils passent rapidement d’un jouet à l’autre, sollicitent constamment leurs parents ou répètent qu’ils s’ennuient.
Cela ne signifie pas qu’ils sont incapables de jouer seuls. Ils ont parfois simplement besoin qu’un adulte leur montre comment commencer.
Un parent peut lancer une construction, expliquer les règles d’un jeu de société ou installer un puzzle.
Il n’a pas besoin de rester pendant toute l’activité. Quelques minutes peuvent suffire pour donner une idée, éveiller l’intérêt de l’enfant et le laisser ensuite poursuivre seul.
Il est également intéressant de varier les possibilités :
des jeux à pratiquer seul ;
des jeux à deux ;
des jeux en famille ;
des activités rapides ;
des projets à poursuivre sur plusieurs jours (activité Kapla ou de Légos par exemple)
Prendre le temps de jouer avec son enfant, c’est aussi lui transmettre des idées et des habitudes qu’il pourra progressivement réutiliser de manière autonome.
Le jeu partagé ne doit donc pas être considéré uniquement comme une occupation. Il aide l’enfant à découvrir comment construire, inventer, respecter des règles, attendre son tour et trouver lui-même de nouvelles manières de s’amuser.
4. Laisser une place à l’ennui et aux activités sans écran
« Je m’ennuie ! »
Cette phrase pousse souvent les adultes à chercher immédiatement une nouvelle occupation. Pourtant, l’ennui n’est pas forcément négatif. Il peut même jouer un rôle important dans le développement de l’enfant.
Lorsqu’il n’est pas constamment stimulé, l’enfant doit observer ce qui l’entoure, chercher une idée, faire un choix et prendre une initiative.
Il peut ressortir un jouet oublié, construire une cabane, inventer une histoire ou transformer un simple carton en maison, en véhicule ou en décor.
Ces temps plus calmes favorisent son imagination, sa créativité et son autonomie.
Il n’est donc pas nécessaire de remplir chaque minute de sa journée. Un temps de flottement peut être utile avant qu’une nouvelle idée apparaisse.
Le rôle du parent consiste surtout à mettre à sa disposition différentes activités sans écran :
des livres facilement accessibles ;
des jeux de construction ;
des puzzles ;
du matériel pour dessiner ou bricoler ;
des jeux de société ;
des histoires à écouter.
Ces ressources doivent être visibles et faciles à utiliser. Une tablette posée sur la table sera toujours plus simple à choisir qu’une boîte de jeux rangée au fond d’un placard.
Il est donc possible d’aménager un petit espace avec quelques livres, des feuilles, des crayons et du matériel créatif. Il n’est pas nécessaire d’accumuler de nombreux jouets. Une sélection limitée, renouvelée de temps en temps, peut suffire à éveiller l’intérêt de l’enfant.
5. Choisir une boîte à histoires qui transmet des repères et nourrit l’imagination
Parmi les alternatives aux écrans, la boîte à histoires occupe une place particulière. Elle permet à l’enfant d’écouter des récits de manière autonome, sans passer par un téléphone ou une tablette.
Dans le Coran, les récits ne sont pas présentés comme de simples divertissements. Allah nous rappelle :
« Dans leurs récits, il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence. »
Les histoires peuvent ainsi transmettre des enseignements, éveiller la réflexion et offrir des repères capables d’accompagner l’enfant dans sa construction.
Contrairement à une vidéo, une histoire audio ne lui impose pas toutes les images. L’enfant écoute les voix, suit le déroulement du récit et imagine lui-même les personnages, les lieux et les différentes scènes.
Pour les parents musulmans, le choix des histoires proposées aux enfants revêt donc une importance particulière. Il ne s’agit pas seulement de les éloigner des écrans, mais aussi de leur permettre de découvrir des récits auxquels ils peuvent s’identifier, des figures inspirantes et une Histoire à laquelle ils peuvent se sentir reliés.
C’est dans cet esprit que la conteuse Alif a été pensée pour les enfants musulmans.
À travers ses récits, la conteuse Alif accompagne les parents dans la transmission de leur riche Histoire et de leur bel héritage. Elle permet aux enfants de découvrir des Prophètes, des inventeurs et de grandes figures de la civilisation musulmane, tout en nourrissant leur imagination et leur réflexion.
La boîte à histoires devient ainsi bien plus qu’une alternative aux écrans : elle constitue un outil éducatif, un support de transmission et une porte d’entrée vers des récits porteurs de sens.
Retrouver un équilibre, un pas après l’autre
Éloigner les enfants des écrans ne consiste pas seulement à retirer une tablette ou à éteindre la télévision.
C’est aussi leur redonner l’occasion de courir, de marcher, de jouer, de lire, de manipuler, de s’ennuyer, d’écouter et d’inventer.
Ce changement peut demander du temps. Certains jours seront plus faciles que d’autres et les écrans continueront parfois à trouver une place dans le quotidien.
L’essentiel n’est pas de rechercher un fonctionnement parfait, mais d’installer progressivement de nouvelles habitudes.
En proposant des activités variées, en partageant de vrais moments avec l’enfant et en mettant à sa disposition des outils adaptés, l’écran cesse peu à peu d’être son premier réflexe.
Il redevient alors une possibilité parmi d’autres, et non plus le centre de son quotidien.


